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La Route du Clocher
En 1874, Achères souhaite construire un chemin reliant le village (à partir du Robinson) à la gare d’Achères qui se trouve au milieu de la gare de triage et, au passage, dessert la station dite « La Halte-Village d’Achères surnommée » petite gare. Ce chemin, qui serait empierré, traverserait la forêt et se trouverait donc sur la commune de Saint-Germain-en-Laye.
Lors du conseil municipal du 15 novembre 1874, le maire, M. Basset, donne communication d’une lettre du maire de Saint-Germain datée du 23 octobre dans laquelle ce dernier lui indique les engagements que devrait prendre la commune d’Achères à l’égard du chemin projeté de la gare, préalablement à l’avis favorable que le Conseil municipal de Saint-Germain est prêt à donner, sous cette condition, en faveur de l’ouverture dudit chemin.
Ces engagements sont les suivants :
- payer le prix qui pourrait être réclamé par l’État pour la cession du sol,
- faire établir le chemin à ses frais,
- l’entretenir à perpétuité,
- se charger exclusivement des dépenses de toute nature, comme si le chemin à établir était sur son territoire.
Après en avoir délibéré, le Conseil municipal d’Achères regrette que son homologue de Saint-Germain ne paraisse pas vouloir tenir compte de l’intérêt que ce chemin présentera pour Saint-Germain, en plus du chemin actuel des Loges à Achères qui reste à l’état de route de forêt et pour lequel la cité royale a prévu une dépense de 23 000 francs. Il pense également que la commune de Saint-Germain pourrait aider celle d’Achères, sinon à la construction de la route du Clocher et à l’achat du terrain, s’il y a lieu, mais au moins à son entretien et peut-être éviter en même temps la dépense des 23 000 francs prévus pour la route des Loges.
Il faudra attendre presque 3 ans avant que l’affaire revienne à l’ordre du jour. Le Préfet est alors d’accord pour que le « chemin du clocher soit classé comme chemin vicinal. Cependant, le maire de Saint-Germain, par une lettre au Préfet en date du 8 juillet 1877, expose qu’aucun engagement formel n’ayant été pris par la municipalité d’Achères pour la construction du chemin, il suspend son avis favorable à l’engagement express d’Achères à pourvoir à toutes les dépenses de construction et d’entretien dudit chemin.
Le 22 juillet 1877, le Conseil municipal d’Achères accepte en bloc, sans contrepartie, toutes les conditions de Saint-Germain et s’engage À PERPÉTUITÉ à entretenir le chemin « comme s’il était sur le territoire d’Achères ».
Cependant, ce chemin n’avait pas pu être inclus dans l’éclairage des rues de notre ville. Le 27 mars 1927, le maire d’Achères, M. Huet, donne lecture d’une lettre de M. Mallet, concessionnaire de l’électricité pour la région, disant qu’il ne lui est pas possible de procéder à la construction de la ligne électrique pour éclairer la route parce que le territoire emprunté se trouve sur la commune de Saint-Germain-en-Laye. Le Conseil municipal décide alors que des pourparlers soient entrepris avec Ouest-Lumière pour obtenir l’autorisation nécessaire.
Le 25 juillet 1931, la municipalité d’Achères considère que la Route du Clocher est de plus en plus fréquentée suite à la modification apportée au tracé de la RN 184 : suppression du passage à niveau et construction du pont Limousin qui enjambe les lignes de chemins de fer. Elle estime que cette route devrait devenir une voie d’intérêt général et demande que celle-ci soit classée dans les « chemins de grande communication ».
Les élus, assistés de cheminots et de certains usagers du transport ferroviaire, décidèrent, à la demande du maire, M. Desmazes, de procéder à l’électrification des 2 km de la Route du Clocher à travers la forêt de Saint-Germain. Le budget de la commune permettait d’acheter les poteaux, les isolateurs, les fils et les lampes. L’implantation de cette ligne fut donc réalisée par des bénévoles, pendant leur repos hebdomadaire. Un bel exemple de solidarité.
Enfin, plus près de nous, un courrier de l’Office National des Forêts adressé au Secrétaire général du syndicat CGT des Cheminots d’Achères le 31 janvier 1994 révèle : « l’entretien de la route du Clocher… J’ai l’honneur de vous indiquer qu’il s’agit d’une route communale de Saint-Germain-en-Laye faisant l’objet, selon les informations en ma possession, d’une convention d’entretien avec la commune d’Achères ».
Signé : Le Chef de Division de l’ONF, St Germain-en-Laye.
