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Le vieux château
Le saviez-vous ? Il existait des châteaux et des grandes demeures bourgeoises à Achères.
Le château Paquet se trouvait sur l’emplacement de l’actuelle résidence du Centre, aux 42-46 avenue de Stalingrad. Il devint la demeure du Messire de Conty d’Hargicourt, prêtre de la Sainte-Chapelle de Paris, qui l’avait fait construire avant la Révolution de 1789.
Le comte Messire Marie-Joseph de Conty d’Hargicourt fut le premier maire du village qu’il quitta pendant la Terreur. Durant le XIXe siècle, le château fut habité par diverses familles bourgeoises qui avaient trouvé à Achères la tranquillité entre Seine et forêt. L’épandage des eaux d’égouts de Paris dans la plaine entraîna le départ de ces familles. Le parc du château s’étendait de la Grand’rue (avenue de Stalingrad) à la rue Rigaud (rue Jean XXIII) en profondeur, et de l’avenue Paquet à la rue Félix-Faure en largeur.
À la fin du XIXe siècle, le château était encore en parfait état après avoir été occupé pendant près de trente ans par le dernier grand propriétaire, la famille Paquet. Très boisé, le parc fut mis en lotissements durant les années 1900-1920, période durant laquelle furent percées les rues Maurice-Berteaux et Lasne-Berger, cette dernière abritant pendant des dizaines d’années le bureau de poste de la ville au n° 4.
En 1917, Mme veuve Lasne, née Berger, légua les immeubles de la Poste au bureau de bienfaisance d’Achères. Le notaire chargé de la succession, maître Bergeron, de la Ferté Allais, tarda à effectuer les démarches nécessaires malgré les demandes répétées de la municipalité, ce qui conduisit le receveur de l’enregistrement de la Ferté Allais à réclamer le montant de ces droits avec des pénalités.
En 1972, les anciens Achérois virent disparaître avec nostalgie une belle construction vieille de plus de deux siècles. Mais, depuis une vingtaine d’année, cette bâtisse était dans un tel état de délabrement que les derniers propriétaires n’eurent pas les moyens financiers pour l’entretenir, un état de quasi-ruine qui faisait courir des risques aux locataires logés dans cette demeure insalubre.
Maurice-Berteaux (1852-1911), homme d’État et élu local
Bien qu’inconnu de beaucoup de nos contemporains, les rues de nombreuses communes des départements de l’ancienne Seine et Oise portent encore aujourd’hui son nom. Maire de Chatou, député de la circonscription dont Achères dépendait, président du Conseil général de Seine et Oise, Maurice Berteaux, né en 1852, est une personnalité marquante et influente de notre région au début du XXe siècle. Il intervient, par exemple, en 1904 pour empêcher la démolition du château de Maisons-Laffitte. Ardent républicain et laïc convaincu, Maurice Berteaux contribue, après l’affaire Dreyfus, à défendre et à consolider la République encore fragile. Ministre de la Guerre et président de la Commission de l’Armée, il participe à l’œuvre de rénovation de l’institution militaire entreprise par la IIIe République. Son action pour assurer l’égalité de tous devant le service militaire et pour développer le rôle social de l’Armée aura permis, peu de temps avant la Grande Guerre, de promouvoir une armée qui s’identifie à la Nation.
Cet homme d’État, promis aux plus hautes responsabilités, disparaît tragiquement sur l’aérodrome d’Issy-Les-Moulineaux, le 21 mai 1911, lors du crash d’un appareil au départ de la course Paris-Madrid. Il eut droit à des funérailles nationales et fut enterré au cimetière de Chatou.
