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Les quatre Achérois du 9e régiment de Hussards (1/3)
Nul doute que, sous le 1er Empire, les quelque 420 habitants d’Achères aient vibré aux sons des exploits du 9e régiments de hussards, car cette cavalerie d’élite - détentrice du record de batailles entre 1792 et 1815, dont Austerlitz, Friedland, Wagram, Leipzig - possédait en son sein quatre des leurs, quatre « braves » : le colonel Louis-Pierre-Alphonse de Colbert, le maréchal des logis Jean Léonard et les 2e classes Jean-Pierre Dumont et Jean-Pierre Vicq.
Les hussards étaient les plus populaires des cavaliers de l’armée impériale. Audacieux et habiles, ils étaient les yeux de la Grande Armée, tantôt éclaireurs, tantôt chargés de harceler l’adversaire, ces hommes intrépides étaient inlassablement employés par l’Empereur dans la collecte d’informations et de renseignements.
Les régiments de hussards napoléoniens écrivirent les plus étonnantes pages de l’histoire militaire française, capturant en 1795 la flotte hollandaise prise dans les glaces au Texel, faisant à eux seuls capituler l’impressionnante forteresse de Stettin, participant surtout à toutes les grandes et légendaires charges de l’épopée. « Tout hussard encore en vie à 30 ans est un jean-foutre ! », clamait l’un des leurs, le général Antoine de Lassalle, tué à Wagram, d’une balle dans la tête, à 34 ans, en chargeant l’infanterie autrichienne.
Comment expliquer qu’en 1812, quatre hommes d’un même village, quatre « pays », se soient retrouvés ensemble à servir au 9e régiment de hussards, alors que les autres conscrits achérois - une vingtaine d’individus - aient été répartis dans tous les autres corps d’armée ?
Est-ce la conséquence d’une volonté commune, le fruit du hasard, le résultat d’une profonde amitié ou bien encore le patronage de l’un d’entre eux ? Presque deux siècles ont passé et personne ne pourra nous apporter de réponse. Néanmoins pouvons-nous imaginer une hypothèse, comme le fait de l’influence du colonel de Colbert, noble Achérois ayant adhéré aux idées de la Révolution (dès le 22 vendémiaire an II, l’homme est volontaire dans le 7e bataillon de Paris, dit Guillaume Tell).
Du fait de son âge - il fête ses seize ans en 1789 - Louis-Pierre-Alphonse de Colbert fut le premier des quatre à s’engager dans la carrière militaire. Sa famille - une branche de l’homme d’État de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) - habitait depuis plusieurs générations à Achères, un château aujourd’hui disparu, château qui occupait l’emplacement de l’actuel groupe scolaire Joliot-Curie.t
Association “Pour la Mémoire d’Achères “, 20, rue du 8-Mai, Porte 12 et 8, rue Deschamps-Guerin 78260 Achères.
