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“Du fun pour tous” : l’association pour les enfants en situation de handicaps mentaux

“Du fun pour tous” : l’association pour les enfants en situation de handicaps mentaux

Depuis 2012, l’association Du Fun Pour Tous déploie sur notre ville le dispositif AELI (Accueil Éducatif par les Loisirs et l’Inclusion) pour les enfants en situation de handicaps mentaux. Pour soutenir ce dispositif inédit dans les Yvelines, Achères accorde chaque année à l’association une aide de 50 000 €, lui alloue les services d’une animatrice de la ville et met à sa disposition une salle au centre de loisirs Marcel-Pagnol.

Ils sont 9 enfants de 6 à 11 ans et, pour la plupart, sont inscrits en IME (Institut médico-éducatif) pendant la semaine pour suivre une scolarité adaptée. Mais lorsque l’école est finie, place aux jeux et à la détente comme les autres enfants du centre de loisirs. Chaque après-midi à partir de 15h30, les mercredis et pendant les vacances scolaires, l’association “propose à ces enfants des activités adaptées et adaptables en fonction des profils et des animations qui se passent à Marcel-Pagnol. L’inclusion avec les autres enfants est très importante pour la socialisation et l’estime de soi”, insiste Sarra Ayadi, coordinatrice de l’association en charge de l’unité AELI avec Géraldine Cosme, animatrice de la ville. Et si le petit groupe possède sa propre salle, les autres salles du centre de loisirs restent toujours ouvertes pour permettre le va-et-vient des enfants de l’AELI, de développer leur autonomie et créer une dynamique de groupe. “Le travail des animateurs avec les autres enfants est primordial pour créer cette dynamique. Faire tomber les préjugés, éviter les regards gênants, expliquer ce que c’est de se sentir différent : tout cela se prépare à l’avance”, explique la coordinatrice.

« L’inclusion : essentielle pour la socialisation et l’estime de soi »

De nombreux enfants du centre de loisirs ont même appris les bases du Makaton – langue des signes simplifiée – pour pouvoir communiquer le mieux possible avec leurs camarades et venir partager des moments avec eux : “dans ces cas-là, il s’agit d’inclusion inversée”, précise Sarra. À la veille de son mercredi après-midi à l’AELI, Mathys se réjouit déjà. “Cela va faire presque 6 ans que « J’ai pu continuer mon activité professionnelle et garder un équilibre »Mathys bénéficie du dispositif. Il adore les moments passés là-bas. C’est un enfant extrêmement sensible qui a besoin de douceur et d’une attention toute particulière”, explique Christelle Maquaire, maman du jeune adolescent. C’est une ATSEM de l’école Henri-Wallon qui a signalé aux parents de Mathys l’isolement dont souffrait leur enfant et c’est avec soulagement que Christelle a vu s’ouvrir les portes de l’AELI : “Cela m’a permis de continuer à travailler et de conserver pour mon mari et moi un équilibre personnel et professionnel”. Au programme d’aujourd’hui, pâte à sel, musique puis départ avec le van de l’association pour un goûter en forêt. 

Des moments de bonheur qui, pour Mathis, prendront fin prochainement : “Mathys aura 12 ans en février et sera trop âgé pour rester intégré au dispositif. Je ne lui ai pas encore annoncé mais j’appréhende beaucoup sa réaction », s’inquiète Christelle. Aujourd’hui en France, même si la loi de 2005 a été très bénéfique pour la prise en charge des enfants en situation de handicap, le cadre réglementaire concernant l’accueil de ces enfants en structures de loisirs éducatifs n’a pas encore été clairement établi. « Nous tenions à remercier la municipalité d’Achères pour son action en faveur du handicap et le soutien qu’elle apporte à l’association depuis 8 ans. J’espère que d’autres villes suivront le même chemin afin d’élargir notre offre d’accueil et proposer ainsi une bouffée d’oxygène à ces enfants comme à leurs parents et aidants », conclut Bruno Grosvallet, président de l’association Du Fun Pour Tous.

Accueil des mineurs en situation de handicap : que dit la loi ?

  •  La loi de février 2005 n’oblige pas les structures à accueillir un enfant en situation de handicap mais stipule que : « Les établissements et les services d’accueil non permanents d’enfants concourent à l’intégration des enfants présentant un handicap ou atteints d’une maladie chronique qu’ils accueillent ». L’attribution des places, la mise à disposition de professionnels supplémentaires ou la formation des encadrants des structures ne sont pas définies.
  • Le décret du 7 juin 2010 pose le cadre du Projet d’Accueil Individualisé (PAI) qui permet de préciser les adaptations à apporter à la vie de l’enfant ou de l’adolescent en collectivité (crèche, école, collège, lycée, centre de loisirs) à la demande de la famille et/ou du chef d’établissement.
  • La loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 prévoit l’indemnisation du congé « de proche aidant » permettant d’améliorer l’articulation entre leur vie personnelle, professionnelle et leur vie d’aidant. Dévoilé le 30 septembre 2019, il n’est toujours pas effectif.

INFOS +  site de l’association dufupourtous.fr / adresse mail dufunpourtous@bbox.fr / 01 30 57 17 65 ou 06 76 89 12 13